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La saison 2026 est axée sur de gros et longs projets. Le but cette année est d’aller découvrir des distances que je n’ai encore jamais faites, donc supérieures à 100 km. Après avoir testé plusieurs formats (du court au long), ce que j’aime le plus, c’est passer des heures en montagne, traverser des paysages incroyables et voir jusqu’où mon corps est capable de m’emmener.
J’ai donc pris mes premiers dossards, avec deux objectifs majeurs cette saison :
- Le Ceven’Trail (101 km – 4500 m D+) le 7 mars 2026
- Le Lavaredo Ultra Trail (120 km – 5800 m D+) le 28 juin 2026
Pour préparer au mieux ces courses, j’ai prévu des courses intermédiaires. Pour préparer le Ceven’Trail, je cherchais une course d’une cinquantaine de kilomètres, dans ma région (Rhône-Alpes). C’est là que j’ai découvert le Trail du Golloix, sur l’événement de la Romagnatoise.
Caractéristiques de la course
C’est la 3ᵉ édition de cette course : 51 km pour un peu plus de 1800 m D+. Sa particularité ? Peu de dossards et un indice minimum requis pour s’inscrire : 500 ITRA et 50 Betrail. Le niveau est donc forcément relevé et les places sont chères. De mon côté, l’objectif est surtout de tester la forme sur un format déjà long, à 5 semaines du Ceven’Trail.
Préparation
Comme évoqué, cette course s’inscrit dans ma préparation pour le Ceven’Trail. Je suis donc dans une phase de gros volume durant cette période.
La semaine précédant la course était consacrée à un gros volume d’entraînement. Je voulais accumuler des kilomètres et du dénivelé pour me rapprocher au mieux des exigences du Ceven’Trail.
J’ai ensuite fait :
- 2 jours de repos complet après cette semaine de charge,
- 2 sorties en endurance fondamentale,
- puis de nouveau 2 jours de repos complet avant la course, pour arriver avec des jambes fraîches.
Je le rappelle : mes semaines d’entraînement s’articulent autour du concept d’entraînement polarisé. La majorité de mes séances se fait à basse intensité (zone 1, endurance fondamentale) et une minorité (environ 20 %) correspond à du fractionné. Cela représente 5 à 6 séances par semaine, dont 2 séances de fractionné.
Ma préparation est structurée en cycles d’entraînement. Ainsi, la préparation que j’ai faite pour le 10 km en décembre m’a permis de travailler ma vitesse à plat, mon VO2max (mon moteur) et ma capacité à être plus économe à des intensités inférieures. C’est ce que je nomme le cycle de développement des capacités physiques, qui permet d’améliorer le potentiel aérobie de l’athlète.
Le cycle suivant est le cycle spécifique, où l’on travaille les allures propres à la compétition. Dans mes entraînements, pour préparer le Trail du Golloix, j’ai donc intégré des séances à intensité de course.
Vous pouvez retrouver toutes ces informations dans mon Ebook, où tout est détaillé de façon très claire : LIEN.
Comment j’ai structuré mes séances et estimé mon temps de course
Comme expliqué dans mon Ebook, j’ai mis en place des tests de terrain me permettant de déterminer plusieurs indicateurs :
- VMA
- Vitesse critique
- VMA ascensionnelle
- Vitesse critique ascensionnelle
Ces paramètres me permettent d’évaluer précisément mon niveau, d’identifier mes points forts et mes points faibles, et de construire des séances de fractionné extrêmement ciblées, que ce soit à plat ou en montée.
À partir de ces indicateurs, j’ai également développé un outil me permettant de prédire de manière fiable mes temps de course, sur route comme en trail.
Pour cette course, j’avais estimé mon temps entre 5h15 et 5h30. Je savais également que je pouvais tenir cette durée à une intensité ne dépassant pas 160–165 bpm.
Tout cela est détaillé dans mon Ebook, avec les bases scientifiques reliant l’intensité d’effort au temps de maintien avant l’épuisement.
Je n’ai donc pas établi de plan de course précis. Je connaissais l’intensité à tenir, je l’avais testée à l’entraînement, et mon objectif était simplement de rester sous 165 bpm, en étant la plus régulière possible.
Jour de course
Petite péripétie d’avant course : ma voiture n’a jamais démarré pour nous emmener au bus qui lui, nous emmène au départ à Olloix. Nous avions 3km à faire, heureusement, nous avons réussi à avoir le bus in extremis et au moins l’échauffement était fait.
Le départ est donné à Olloix, à quelques kilomètres de Romagnat. Un départ atypique : pas d’arche, pas de speaker. Le coup d’envoi est donné au son du clocher à 8 h. Nous sommes un peu plus de 70 participants à nous élancer.
Le départ est très rapide : 4 km de descente. Les 3 premiers se font en 4:00/km. Je n’ai jamais vécu un départ aussi rapide, enfin si pour le 10km mais en trail c’est rare quand même.
Avec Alex, nous courons ensemble sur 6 km. Mon objectif était de l’accrocher le plus longtemps possible, mais je vois vite qu’il envoie plus que moi sur certaines portions. Je décide d’être raisonnable et de ne pas me cramer. Je me retrouve seule et ce n’est pas plus mal car ça reproduit les conditions de course du Ceven’Trail.
Les 15 premiers kilomètres sont extrêmement techniques, je ne m’y attendais pas du tout. Au km 11, grosse chute : je vole face contre terre, le genou sur un caillou, en sang. Je me dis qu’il faut vraiment que je me concentre.
On longe plusieurs fois la rivière, il y a des cordes pour s’aider. Il est parfois difficile de courir et je me dis rapidement que c’est bien plus technique que je ne le pensais. Il y a même une section qui m’a rappelé un endroit précis à la Réunion où je détestais courir.
Km 15 — Premier ravitaillement
On m’annonce que je suis 2ᵉ féminine, à quelques minutes de la première. Je n’y prête pas trop attention, car j’avais regardé le niveau avant la course et trois filles me semblaient intouchables. Erreur : elles n’étaient pas toutes au départ. Je repars rapidement, je me sens bien, m’alimente bien et garde un bon rythme.
Au km 18, un aller-retour pour atteindre une butte se fait. Je croise les premiers et revois Alex, qui a 7 minutes d’avance, il est en forme, je suis contente de le voir, petit coup de booste. Je croise aussi la première féminine, très en forme. Sur le retour de cette section, je ne croise pas la troisième. Je comprends que j’ai une belle avance, gros coup de booste.
Au 30ème kilomètre, nous rejoignons les parcours du 28 km et du 45 km. Il y a beaucoup plus de monde. La dynamique change, c’est très motivant. Je dépasse beaucoup de coureurs, j’encourage énormément, et je garde un très bon rythme.
Je cours quasiment toutes les sections. Quand c’est trop raide, je marche vite, mais je me rends compte que je peux courir sur énormément de section et je prend conscience de la progression. L’entraînement paye, les jambes sont excellentes, Manon est très contente.
Km 33 — Deuxième ravitaillement
Je remplis rapidement mes flasques et repars. Premiers signes de fatigue : je commence à avoir des gros points de côtés qui bloque ma respiration (je ne sais pas respirer visiblement) qui me contraint à marcher sur des portions plates / descendantes pour les faire partir.
S’ensuit une belle montée, puis une descente en forêt, très boueuse. Je rattrape des coureurs du 51 km que j’avais vus au départ. Je suis contente : ma régularité paye. La partie boueuse arrive avant le plateau de Gergovie. J’entends Alex m’encourager. On se croise de nouveau grâce à une boucle du parcours. Il a presque 2 km d’avance. Dans cette boue, j’avoue : j’ai la flemme de courir et de me faire mal donc je marche en essayant de maintenir un bon rythme.
Km 43 — Dernier ravitaillement
Les jambes tirent, mais c’est la fin. Je veux envoyer dans la dernière descente de 4 km. Sauf que la descente ressemble à une piste de ski en boue.
Impossible d’envoyer sans tomber. Je préfère assurer. Quand le terrain redevient plus praticable, je relance, mais les points de côté reviennent très fort. Je dois même m’arrêter dans la descente pour les faire passer.
Km 51 — L’arrivée
Je vois Alex, mon père et ma belle-mère à l’arrivée. Cette fois, il y a une arche et un speaker qui annonce ma 2ᵉ place féminine. Je termine 20ᵉ au général, en 5h24, à 9 minutes d’Alex et 17 minutes de la première féminine. La troisième arrive 1 h après moi. Je suis très contente de ma forme, de mon rythme et de l’intensité maintenue. La course était vraiment chouette, les bénévoles très gentil et l’ambiance au rendez-vous.
Un grand merci aux bénévoles, organisateurs pour cet évènement vraiment réussi. C’est vraiment chouette de pouvoir s’aligner sur des courses intimistes, avec un niveau relevé et que l’organisation, le balisage et les indications soient au rendez-vous. J’aime découvrir des courses, des endroits et des formats différents, c’est ça la beauté de ce sport.
Analyse de course
Je note que j’aurais pu aller un peu plus vite sur certaines sections. Mais la technicité du début et la boue sur les 15 derniers kilomètres ont clairement impacté l’intensité. J’ai parfaitement assuré ma 2ᵉ place tout au long de la course et suis très contente de voir que les entrainements payent et que la forme est présente.
Point très positif : l’alimentation.
Point à améliorer : l’hydratation.
Je n’ai bu que 2,5 L en 5h24, ce qui est insuffisant et probablement responsable des points de côté.
Côté nutrition
Je visais 30 g de glucides par heure. J’augmente progressivement cet apport à l’entraînement. Mon objectif est de me rapprocher des 50 g/h pour le Ceven’Trail.
Ce que j’ai pris :
- 2 sticks Overstims (boisson d’effort) — 30 g/stick
- 2 gels TA Energy — 33 g/gel
- 2 purées Baouw — 15 g/purée
Sur ce type d’effort, je privilégie une alimentation liquide ou semi-liquide, plus facile à ingérer en courant.