GR340 : Belle-Île-en-Mer
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Dans ma préparation pour mon prochain ultra-trail, le Lavaredo 120K qui aura lieu fin juin 2026, j’ai intégré plusieurs week-ends chocs de deux jours afin d’accumuler un bon volume de kilomètres, de dénivelé et d’heures d’entraînement.
Trois semaines avant la course, j’avais pour projet de réaliser un nouveau week-end choc, mais un peu moins long que l’itinéraire Annecy-Chamonix effectué quelques semaines auparavant. Étant en Bretagne pendant plusieurs jours, nous avons tout naturellement décidé de partir sur le GR340, qui correspond au tour de Belle-Île-en-Mer.
Belle-Île-en-Mer est la plus grande île bretonne, située au large de la presqu’île de Quiberon. Longue d’une vingtaine de kilomètres, elle est surtout connue pour sa côte sauvage, ses falaises battues par les vagues, ses petites criques cachées et ses villages de caractère comme Le Palais, Sauzon ou Bangor. Malgré sa taille relativement modeste, les paysages y sont très variés et changent constamment au fil des kilomètres.
Pour découvrir l’île, le meilleur moyen reste sans doute le GR340. Ce sentier d’environ 85 kilomètres et 2 800 m de dénivelé positif en fait le tour complet en longeant quasiment en permanence le littoral. Souvent cité parmi les plus beaux sentiers de France (élu GR préféré des Français en 2022), il offre une succession de panoramas sur l’océan, avec un terrain loin d’être roulant. Les nombreuses montées et descentes rendent le parcours bien plus exigeant qu’il n’y paraît sur le papier, ce qui en faisait un terrain de jeu parfait pour notre week-end choc.
Carte représentant le GR340 (en pointillé) avec tous les éléments importants (ville, bus, ravitaillement, camping, etc.)
Comment se rendre à Belle-Île-en-Mer ?
Belle-Île-en-Mer est accessible uniquement par bateau. Plusieurs liaisons maritimes permettent de rejoindre l’île depuis le continent :
- Quiberon : la liaison la plus fréquente et la plus rapide, avec une traversée d’environ 45 minutes jusqu’au Palais.
- Vannes : liaison saisonnière plus longue, avec une traversée d’environ 2 heures.
- Port-Navalo (Arzon) : traversées saisonnières vers Belle-Île, d’une durée d’environ 1 heure.
- Le Croisic : liaison saisonnière depuis la Loire-Atlantique.
Dans notre cas, nous avons choisi de partir de Vannes afin de limiter le temps de trajet en voiture depuis notre lieu de séjour.
Petit conseil : si vous êtes sujet au mal de mer, comme moi, et qu’une forte houle est annoncée, réfléchissez-y à deux fois avant d’embarquer. La traversée peut vite devenir sportive !
Le découpage des étapes
Notre objectif était de réaliser ce GR en 2 jours : arriver le premier jour avec le premier bateau depuis Vannes et repartir avec le dernier bateau le lendemain à 18 h. Nous comptions courir environ 6 heures le premier jour et 5 heures le second.
Notre découpage était donc assez simple. Nous avons recherché un logement à mi-parcours et avons trouvé une chambre chez l’habitant via la plateforme Airbnb à Bordenec’h, juste à côté de Bangor. Cela nous donnait une première journée d’environ 42 km pour 1 800 m de D+, puis une seconde journée plus courte de 33 km pour environ 1 000 m de D+.
Il est bien sûr possible de découper les étapes sur plusieurs jours, ce que font d’ailleurs la majorité des randonneurs. Voici quelques exemples de découpages possibles.
Sur 2 jours :
Jour 1 : Le Palais → Bangor
- 43 km
- 1 800 m D+
Jour 2 : Bangor → Le Palais
- 33 km
- 1 000 m D+
Sur 3 jours :
Jour 1 : Le Palais → L’Apothicairerie
- 24 km
- Environ 1100 m D+
Jour 2 : L’Apothicairerie → Herlin
- 25 km
- Environ 650 m D+
Jour 3 : Herlin → Le Palais
- 29 km
- Environ 960 m D+
Sur 4 jours :
Jour 1 : Le Palais → Pointe des Poulains
- 18 km
- Environ 900 m D+
Jour 2 : Pointe des Poulains → Port-Coton
- 21 km
- Environ 250 m D+
Jour 3 : Port-Coton → Locmaria
- 23 km
- Environ 450 m D+
Jour 4 : Locmaria → Le Palais
- 14 km
- Environ 300 m D+
Sur 5 jours :
Jour 1 : Le Palais → Sauzon
- 12 km
- Environ 450 m D+
Jour 2 : Sauzon → Port-Coton
- 18 km
- Environ 350 m D+
Jour 3 : Port-Coton → Herlin
- 18 km
- Environ 500 m D+
Jour 4 : Herlin → Locmaria
- 14 km
- Environ 400 m D+
Jour 5 : Locmaria → Le Palais
- 14 km
- Environ 300 m D+
Voici notre trace GPX du GR340 réalisée sur 2 jours :
Hébergements, campings et transports
Il faut noter qu’il est strictement interdit de planter sa tente n’importe où sur l’île. Le camping sauvage y est interdit. En revanche, plusieurs campings et hébergements sont répartis tout au long du GR, notamment dans les principales communes : Le Palais, Sauzon, Bangor et Locmaria.
Voici une liste des principaux campings présents sur l’île :
- Camping Trion Guen (Le Palais)
- Slow Village Belle-Île-en-Mer (Le Palais)
- Camping Clicochic – Bordénéo (Le Palais)
- Camping municipal de Sauzon (Sauzon)
- Camping La Source (Sauzon)
- Camping municipal de Bangor (Bangor)
- Camping Port Andro (Locmaria)
- Camping municipal de Lannivrec (Locmaria)
- Camping Les Grands Sables (Locmaria)
Il est également possible de parcourir le GR en séjournant dans un seul hébergement sur l’île, par exemple au Palais, puis en utilisant le réseau de bus pour rejoindre ou quitter les différentes étapes. Cette solution permet de marcher plus léger, mais demande un peu plus d’organisation en fonction des horaires.
L’île dispose en effet d’un réseau de bus qui dessert les principaux villages et plusieurs points d’intérêt du GR340.
Les horaires et les informations pratiques sont disponibles ici : LIEN
Où se recharger en eau et en nourriture ?
La côte ouest est réputée pour son caractère sauvage. Vous y croiserez généralement moins de monde et les possibilités de ravitaillement y sont plus limitées. À l’inverse, la côte est est plus fréquentée et les liaisons avec les villages sont plus nombreuses.
Vous trouverez facilement de l’eau et des commerces dans les principales communes de l’île : Le Palais, Sauzon, Bangor et Locmaria.
De notre côté, nous avons pu refaire le plein d’eau sans difficulté dans chacune de ces villes. Il est également possible qu’un point d’eau soit accessible vers la Pointe des Poulains, où se trouvent des toilettes publiques, mais nous n’avons pas pu le vérifier.
Il est donc important d’anticiper ses besoins en eau, surtout si vous prévoyez de rester sur le GR sans faire de détour vers les villages. Certaines portions peuvent en effet comporter plusieurs kilomètres sans aucun point de ravitaillement.
Notre GR340
Pour ce GR, nous avons décidé de partir très légers, avec le minimum d’affaires possible : un sac de trail, deux tenues et de la nutrition sportive. Nous savions que nous allions manger au restaurant ou en boulangerie le midi et le soir, nous n’avons donc emporté aucun repas.
Jour 1 : Le Palais → Bangor
Nous avons pris le bateau depuis Vannes afin d’éviter de faire trop de route en voiture. Il y a des parkings gratuits (hors saison estivale) à proximité de la gare maritime.
La traversée a duré deux heures. La première heure se déroule dans le golfe, à l’abri, mais la seconde a été bien plus mouvementée à cause du mauvais temps et de la houle, rendant le trajet un peu compliqué. Une dizaine de personnes présentes sur le bateau, dont moi, ont utilisé les sacs à vomi très gentiment distribués en début de traversée par le personnel.
L’arrivée se fait directement au Palais, point de départ de notre GR. Nous sommes arrivés vers 10 h 30 et avons pris un peu de temps pour nous remettre de nos émotions. Sur place, nous avons rempli nos flasques d’eau (1 litre chacun), acheté un sandwich pour le midi, puis nous avons enfin pris la direction du sentier.
La première étape consistait à rejoindre Sauzon, situé à environ 12 kilomètres du Palais. Nous avons donc longé la côte. Cette portion cumule déjà un bon dénivelé puisqu’à notre arrivée à Sauzon, nous comptions environ 500 m de D+.
Chaque montée dévoilait un nouveau panorama. Les criques se succédaient et les paysages changeaient constamment, ce qui rendait cette première partie vraiment magnifique.
Arrivés à Sauzon, nous nous sommes arrêtés dans une crêperie pour reprendre des forces. Nous en avons également profité pour refaire le plein d’eau et laisser passer une petite averse.
La journée était annoncée venteuse, et les prévisions ne s’étaient pas trompées. Nous avons eu du vent jusqu’à 65 km/h par moments, ce qui rendait la progression plus fatigante.
Une fois repartis, notre objectif était de rejoindre la Pointe des Poulains avant de basculer vers la côte ouest. Ici, changement total d’ambiance. Il y avait déjà moins de monde sur les sentiers et les paysages devenaient plus sauvages. Avec ces grandes étendues battues par le vent, nous avions parfois l’impression d’être en Écosse.
Nous avons choisi de ne pas aller jusqu’au bout de la Pointe des Poulains et de l’observer uniquement de loin. Nous étions partis relativement tard à cause du mal de mer et préférions arriver suffisamment tôt au logement pour avoir le temps de nous installer et de dîner tranquillement.
La seconde partie de la journée nous a offert des paysages très différents. Les criques laissaient place à de longues falaises qui semblaient s’étendre à l’infini. Le terrain était également un peu plus roulant, ce qui nous a permis d’avancer plus rapidement. En revanche, le vent continuait de souffler fort.
En arrivant à la plage de Kérel, nous avons quitté temporairement le GR pour rejoindre Bordenec’h, à proximité de Bangor, où nous passions la nuit.
Logement : LIEN
Pour le repas du soir, nous nous étions renseignés à l’avance et avions repéré une crêperie à Bangor : La Crêperie Chez Renée, située à une dizaine de minutes à pied de notre logement. Nous y avons très bien mangé avant de rentrer nous reposer.
Au total, nous avons mis 5h50 pour faire les 43km et 1800 m de D+.
Jour 2 : Bangor → Le Palais
Pour débuter cette seconde journée, nous sommes retournés à Bangor afin de prendre un petit-déjeuner dans le café du village.
Nous avons quitté Bangor vers 10 h avec un objectif bien précis : arriver à Locmaria aux alentours de midi afin d’y déjeuner dans le restaurant situé directement sur le GR (restaurant : Mabalulu).
Nous avons rejoint le sentier un peu plus loin que la plage de Kérel, là où nous l’avions quitté la veille. De nouveaux paysages se sont alors offerts à nous. Ce sont d’ailleurs ceux que j’ai préférés sur l’ensemble du parcours.
Cette fois-ci, plus de vent, du soleil et des conditions bien plus agréables que la veille. Ce qui est appréciable en Bretagne, c’est que la météo évolue très rapidement. Alors qu’une journée entière de pluie était annoncée la veille, nous n’avons finalement eu que deux petites averses, toutes les deux pendant nos pauses.
Cette seconde journée a été un véritable régal du début à la fin. Entre les paysages magnifiques, les sentiers plus roulants et les conditions idéales, les kilomètres ont défilé sans que l’on s’en rende compte. La majeure partie du dénivelé se concentre sur le début de l’étape, jusqu’à Locmaria. Nous nous sommes arrêtés dans le restaurant situé au bord du GR, proche du Port Andro, pour déjeuner. Une très bonne adresse si vous passez par là (Mabalulu).
Après Locmaria, le relief devient un peu plus doux et l’on retrouve progressivement la côte est de l’île, plus fréquentée. Les paysages continuent néanmoins de changer régulièrement, avec notamment le passage par la magnifique plage des Grands Sables, l’une des plus belles plages de Belle-Île.
Nous sommes finalement arrivés assez rapidement au Palais après environ 4 h 30 d’effort. Il nous restait même un peu de temps pour nous offrir un bon goûter avant d’embarquer sur le bateau de 18 h 20 en direction de Vannes.
Au total sur cette journée, nous avons eu 33 km et 1000 m de D+.
Ces deux journées sur le GR340 ont été vraiment incroyables. La Bretagne est une région que je connais encore assez peu, mais troquer les montagnes contre l’océan fonctionne parfaitement dans ce genre d’aventure. J’ai particulièrement apprécié ces deux jours passés sur les sentiers, la diversité des paysages et les échanges avec les habitants, qui se sont montrés très accueillants. Je pense notamment à notre hôte Airbnb, qui nous avait recommandé la crêperie de Bangor ainsi que le café où nous avons pris notre petit-déjeuner. Deux excellentes adresses que nous n’aurions probablement pas découvertes autrement.
Cette expérience donne envie de revenir explorer davantage cette belle région bretonne, avec notamment le GR34 qui figure désormais en bonne place sur ma liste.
Total : 78km – 2800D+ sur ces 2 jours.
Il est possible d’allonger un peu en passant par la pointe des Poulains et nous avons également coupé un peu le GR depuis Bangor en ne repassant pas par la plage de Kerel le matin du deuxième jour.
Bilan de ce GR340
Ce dernier week-end choc avant le Lavaredo s’est parfaitement déroulé. Les sensations étaient excellentes du début à la fin, les jambes ont bien répondu et le cardio également.
Je sens que tout le travail effectué ces derniers mois commence à porter ses fruits. Je suis heureuse de pouvoir enchaîner ce type d’aventures, de plus en plus longues, tout en voyant que mon corps réagit bien à la charge d’entraînement.
Il y a encore un an, je n’aurais probablement pas été capable d’enchaîner deux journées comme celles-ci avec autant de sérénité. Aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir à partir explorer de nouveaux sentiers tout en continuant à préparer mes objectifs sportifs. Et surtout, je suis contente de pouvoir le faire sans blessure, ce qui reste pour moi la plus belle des victoires.
Concernant le GR340, ce fut une très belle découverte. Je comprends parfaitement pourquoi il est régulièrement cité parmi les plus beaux sentiers de France. Les paysages sont variés, le sentier est ludique, l’océan n’est jamais très loin et chaque portion de côte possède sa propre identité.
J’ai particulièrement apprécié la côte ouest de l’île, plus sauvage et moins fréquentée, où l’on a parfois l’impression d’être seul face aux éléments. Une sensation très différente de celle que je retrouve habituellement en montagne, mais tout aussi agréable.
Ces deux jours m’ont également rappelé à quel point j’aime découvrir une région en courant ou en marchant. On prend le temps d’observer les paysages, de traverser les villages, d’échanger avec les habitants et de s’imprégner de l’ambiance locale d’une manière que l’on ne retrouve pas en voiture.
Maintenant, place à la récupération et aux dernières semaines de préparation avant le Lavaredo 120K. Encore quelques belles sorties au soleil, un peu de repos, puis il sera temps d’accrocher un nouveau dossard et de prendre la direction des Dolomites.