D'Annecy à Chamonix sur 2 jours
Temps de lecture estimé : 15 minutes
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Dans la préparation de mon prochain ultra-trail, le Lavaredo 120K dans les Dolomites fin juin 2026, je souhaitais intégrer plusieurs week-ends chocs. L’objectif était d’accumuler un gros volume de kilomètres, de dénivelé et d’heures d’entraînement sur une courte période.
Entre six et trois semaines avant la course, je voulais ainsi programmer deux gros week-ends : un premier d’une centaine de kilomètres avec plus de 5 000 m de dénivelé positif et un second un peu plus court, autour de 80 kilomètres.
Depuis longtemps, j’avais envie de rejoindre Chamonix directement depuis la maison. En étudiant les différentes traces possibles, je me suis vite rendu compte que c’était faisable sur deux jours et que cela représenterait deux grosses journées en montagne : environ 100 kilomètres et 5 600 m de dénivelé positif.
L’objectif de ces deux journées n’était pas de réaliser une performance, mais d’enchaîner les kilomètres et le dénivelé à faible intensité, sans dépasser l’intensité prévue sur mon prochain ultra (que j’estime autour de 138 bpm). Le but était donc simple : prendre mon temps, profiter des sentiers, admirer les paysages et faire travailler à la fois le corps et le mental.
Important : un mot sur la sécurité
J’ai longtemps hésité à partager l’itinéraire exact que nous avons emprunté. En effet, entre Villard-Dessus et le chalet de Fontanette, et plus particulièrement dans la descente qui suit le Trou de la Chapelle, nous sommes passés par un terrain très technique qui nécessite de solides compétences en montagne.
Cette section comporte des chaînes, des barreaux d’échelle similaires à ceux que l’on retrouve en via ferrata, ainsi que plusieurs passages où il faut désescalader. L’exposition est importante et certains passages sont particulièrement vertigineux.
Personnellement, je ne recommanderais pas cet itinéraire si votre objectif est simplement de rejoindre Chamonix depuis Annecy.
À la place, je vous conseille fortement de passer par la Pointe de Talamarche. L’itinéraire est plus sûr, plus roulant et beaucoup plus adapté à la majorité des randonneurs et trailers.
En montagne, il est essentiel de ne pas surestimer ses capacités. Aucun sommet, aucune trace GPX et aucun défi sportif ne mérite de se mettre en danger.
Faites attention à vous et adaptez toujours votre itinéraire aux conditions et à votre niveau.
Notre découpage sur 2 jours
Pour construire cette trace, j’ai regardé plusieurs itinéraires existants, puis j’ai créé le mien à partir de Komoot et de cartes IGN. J’ai repris certaines portions qui me semblaient intéressantes et modifié d’autres parties pour obtenir un parcours qui me plaisait davantage.
Nous avons ensuite découpé l’aventure en deux étapes et trouvé un logement à peu près à mi-parcours : direction La Giettaz.
Jour 1 : Annecy → La Giettaz
- 51,4 km
- 3 370 m D+
- 10 h 40 d’effort
Jour 2 : La Giettaz → Chamonix
- 49 km
- 2 430 m D+
- 9 h d’effort
Soit un total d’environ :
- 100 km
- 5 800 m D+
- près de 20 heures passées sur les sentiers
Voici la trace GPX que nous avons suivie, avec la variante (en rouge) que je recommande d’emprunter après Villard-Dessus.
Notre matériel
Pour cette aventure, l’objectif était de voyager léger. Nous ne souhaitions porter ni tente, ni duvet, ni matériel de bivouac.
Nous avions réservé un Airbnb à La Giettaz, situé à peu près à mi-parcours. Cela nous permettait également d’avoir accès à une boulangerie et à quelques commerces pour nous ravitailler.
Nous sommes donc partis avec :
- deux tenues de trail ;
- de la nutrition sportive afin de reproduire les conditions de course ;
- une tenue propre pour le soir ;
- le matériel obligatoire habituel (eau, téléphone, veste imperméable, etc.).
J’ai choisi d’utiliser mon sac Black Diamond Distance 22L. Même s’il était un peu grand pour ce type de sortie, il me permettait d’emporter suffisamment de nourriture ainsi que quelques affaires supplémentaires sans avoir à tout faire rentrer au chausse-pied.
Pour plus de détails sur le matériel que j’utilise lors de mes aventures en montagne, vous pouvez retrouver l’ensemble de mon équipement dans cet article : Mon matériel
Notre aventure
Jour 1 : Annecy → La Giettaz
La préparation de cette aventure s’est faite à la dernière minute. Nous avons vu que la météo s’annonçait bonne pour les deux jours à venir et avons donc décidé, la veille, de partir à l’aventure.
Nous avons tracé un itinéraire assez rapidement, en sachant que nous l’ajusterions au fur et à mesure en fonction des sentiers et de l’état de la neige. En effet, à peine une semaine auparavant, une belle couche était tombée et de gros névés étaient encore présents à relativement basse altitude. Notre objectif était donc simple : ne jamais dépasser les 1 800 mètres.
Notre départ s’est fait un peu tardivement, aux alentours de 10 h. Nous n’avions pas énormément étudié le parcours et comptions surtout sur notre carte IGN pour nous orienter. Heureusement, toute la première partie nous était familière : il fallait traverser le Veyrier pour rejoindre Bluffy puis Villard-Dessus.
Plusieurs itinéraires sont possibles pour franchir le Veyrier. Nous avons choisi l’option la plus simple en passant par le Petit-Port puis le Pré-Vernet. Une fois là-haut, il est possible de passer par le col des Sauts, le mont Veyrier, le mont Baron puis l’ancien téléphérique avant de redescendre au col des Contrebandiers. Nous avons préféré contourner les crêtes afin de rejoindre directement le col des Contrebandiers.
Arrivés à Bluffy, nous avons pu refaire le plein d’eau grâce à la source située à la sortie du sentier. Nous avons ensuite pris la direction de Villard-Dessus afin de rejoindre le Trou de la Chapelle. C’est également ici qu’il est possible de bifurquer vers la Pointe de Talamarche, l’itinéraire que je recommanderais aujourd’hui sans hésiter. Il est beaucoup plus sûr et accessible.
La montée depuis Villard-Dessus est bien raide, quel que soit l’itinéraire choisi. Après un long passage en forêt, les arbres s’écartent enfin et une superbe vue s’ouvre devant nous. Nous passons par le chalet Rochette où une source permet de refaire le plein d’eau. Nous profitons d’une dernière vue magnifique sur le lac d’Annecy avant de le quitter définitivement. Le sentier replonge rapidement dans la forêt puis longe les falaises sur un single parfois très étroit où il faut régulièrement mettre les mains.
Juste avant d’atteindre le Trou de la Chapelle, nous tombons sur un énorme névé qui barre complètement le sentier. Je pense qu’il restera longtemps en place puisqu’il s’agit davantage d’un amas issu d’un éboulement que d’une simple accumulation de neige. Nous restons quelques minutes à l’observer. Le vide est bien présent et le névé est percé de nombreux trous qui pourraient facilement nous faire chuter de plusieurs mètres. Après réflexion, nous trouvons finalement un passage qui nous permet de traverser rapidement sans trop nous exposer. C’est également pour cette raison que je déconseille cet itinéraire.
Quelques minutes plus tard, nous découvrons enfin le Trou de la Chapelle. Et là, surprise. Je ne m’attendais absolument pas à trouver une grotte aussi immense ici. Les photos ne rendent vraiment pas compte de sa taille. Nous restons quelques instants à observer cet endroit complètement inattendu avant de nous demander où passe réellement le sentier. Aucune trace évidente. Aucun balisage visible. Nous hésitons entre contourner la grotte ou y entrer.
Finalement, nous nous aventurons à l’intérieur et apercevons un petit point lumineux au loin. Le sentier passe donc bien par là. La traversée est assez sportive. Il faut escalader plusieurs gros blocs rocheux probablement tombés du plafond au fil du temps. C’est le genre d’endroit où l’on avance prudemment en espérant qu’aucune pierre ne décide de tomber aujourd’hui plutôt qu’hier. Une frontale est indispensable pour franchir cette grotte. Elle est longue, très sombre et les rochers humides sont particulièrement glissants. À la sortie, nous remarquons une branche placée en travers du passage. Vu son emplacement, cela ressemble fortement à un avertissement indiquant que le sentier est déconseillé.
Et c’est à ce moment-là que les choses sérieuses commencent. La descente débute et nous comprenons rapidement qu’il ne s’agit pas d’un sentier classique. Il faut littéralement désescalader la montagne. Des chaînes, des mains courantes et des barreaux métalliques semblables à ceux d’une via ferrata se succèdent sur environ 200 à 300 mètres. Dit comme ça, cela paraît court. En réalité, nous mettrons près de 40 minutes pour franchir cette section. Pourtant, nous sommes plutôt à l’aise sur ce type de terrain.
Avec le recul, passer par Talamarche nous aurait probablement fait gagner beaucoup de temps. Mais aucun regret. Nous avons découvert un endroit hors du commun et pris le temps de le parcourir en sécurité.
Nous rejoignons ensuite rapidement le chalet de Fontanette où il est possible de boire un soda ou de faire une petite pause. Mi-mai, l’établissement était déjà ouvert.
Notre objectif était ensuite de rejoindre Thônes afin de faire un vrai ravitaillement. La descente est assez raide mais très roulante et se parcourt facilement.
En arrivant à Thônes, il est environ 16 h. C’est à ce moment-là que nous comprenons que nos calculs étaient complètement faux.
Nous pensions arriver vers 18 h ou 19 h à La Giettaz. Sauf que nous totalisons déjà plus de 2 500 m de dénivelé positif et qu’il nous reste encore deux cols à franchir : le col de la Croix Fry et le col des Aravis. Disons simplement que nos estimations étaient optimistes. Pas grave, nous ne sommes pas pressés. Enfin si. Nous voulions absolument manger au seul food truck ouvert à La Giettaz. Et là, nous comprenons que ce ne sera pas possible. Le burger-frites s’éloigne. Nous faisons donc un détour par une supérette pour acheter notre repas du soir : des pâtes et des cookies. On reviendra pour le burger.
Après une longue pause boulangerie (car oui, il était 16 h et nous n’avions toujours pas réellement déjeuné, mais sur ce genre d’aventure nous avons parfois une logique qui nous échappe à nous-mêmes), nous repartons en direction du col de la Croix Fry. Une belle montée d’environ 1 000 m de D+ nous attend.
Après un kilomètre, nous quittons le chemin principal pour suivre un sentier qui semblait intéressant sur la carte. Mauvaise idée. Avec le recul, nous aurions dû rester sur l’itinéraire principal. Le sentier est envahi par la végétation, un éboulement complique encore la progression et plusieurs passages nécessitent une attention constante.
Après environ une heure à batailler dans cette section, nous retrouvons enfin un sentier plus agréable ainsi qu’un refuge où une source permet de refaire le plein d’eau. Nous faisons une petite pause.
Depuis Thônes, je sens clairement la fatigue arriver. Un bon coup de barre. L’envie de m’allonger cinq minutes. Ou deux heures.
Mais nous repartons.
Le col de la Croix Fry est finalement atteint sans difficulté supplémentaire et nous poursuivons vers le col des Aravis, dernier obstacle de la journée.
À ce moment-là, il est déjà 19 h et nous choisissons l’option la plus directe pour rejoindre La Giettaz avant la nuit. Le col des Aravis est rapidement franchi et nous basculons enfin vers notre Airbnb.
Après plus de dix heures passées sur les sentiers, nous pouvons enfin souffler. Cette journée a été beaucoup plus longue que prévu, mais au vu de notre préparation approximative et de nos estimations très optimistes, ce n’est finalement pas très surprenant. Une bonne nuit de sommeil nous attend. Et heureusement, car la deuxième journée s’annonce tout aussi copieuse.








Jour 2 : La Giettaz → Chamonix
Nous décollons un peu plus tôt que la veille. Bon, pas si tôt que ça non plus, parce que nous ne sommes pas vraiment réputés pour notre rapidité de préparation le matin. À 9 h 30, nous descendons à la boulangerie pour prendre un petit-déjeuner rapide avant de prendre la direction du Plan, point de départ de notre première montée de la journée.
Cette fois-ci, nous avons beaucoup mieux préparé notre itinéraire et savons exactement ce qui nous attend : trois cols à franchir, 49 kilomètres et environ 2 500 m de dénivelé positif. Le programme est chargé, mais au moins il n’y a plus de surprise. Enfin, normalement.
Nous atteignons assez rapidement le premier col. De mon côté, la fatigue de la veille se fait déjà sentir dans les jambes, mais rien d’inquiétant. Après tout, c’est précisément pour ça que nous sommes là. Lorsque nous arrivons au col du Jaillet, une superbe vue sur le Mont-Blanc s’offre à nous. C’est à ce moment-là que nous prenons réellement conscience de notre progression. La veille, nous avions aperçu le Mont-Blanc au loin depuis le col des Aravis, baigné par la lumière du coucher de soleil. Cette fois, il paraît beaucoup plus proche.
Nous prenons quelques minutes pour profiter du panorama. Nous savons déjà que cette deuxième journée sera probablement notre préférée. La veille avait été plus sauvage et plus technique, mais également beaucoup plus forestière. Aujourd’hui, les paysages sont beaucoup plus ouverts.
Nous traversons ensuite les sentiers de la station de Megève avant de redescendre vers la ville. Arrivés à Megève, nous prenons le temps de refaire le plein d’eau et de manger un peu. Il est midi et, contrairement à la veille, nous sommes plutôt dans les temps. Nous savons déjà que nous pourrons attraper le dernier bus au départ de Chamonix à 20 h 20 pour rentrer à Annecy.
Nous repartons ensuite en direction du deuxième col de la journée : le Mont d’Arbois. La montée se déroule plutôt bien jusqu’au moment où Alex m’annonce qu’il existe un raccourci permettant d’arriver plus rapidement au sommet. Je décide de lui faire confiance. Erreur. Quelques minutes plus tard, je me retrouve à remonter une piste de ski beaucoup trop raide pour moi. Honnêtement, même en tire-fesses, je ne suis pas certaine que j’aurais apprécié la pente. Mais puisque nous sommes là, il faut monter. Je suis donc Alex, je subis la pente et j’avance tant bien que mal dans ce mur qui doit facilement dépasser les 40 % par endroits. Effectivement, nous arrivons plus vite au sommet. Mais à quel prix. Je déconseille donc officiellement cette variante.
Une fois en haut, nous retrouvons heureusement une magnifique vue sur le massif du Mont-Blanc et pouvons profiter d’une longue descente en direction de Saint-Nicolas-de-Véroce. Nous traversons rapidement le village avant d’arriver au pied de notre dernier col de la journée. Et là, je ne vais pas mentir : ça commence à devenir compliqué. Je me sens très fatiguée, les jambes sont lourdes et courbaturées. Je sais que j’irai au bout sans problème, mais cette fatigue me fait quand même réfléchir. Le Lavaredo approche à grands pas et il est toujours difficile de savoir si ce que l’on ressent est normal ou si l’on manque encore de préparation.
La montée vers Bellevue se fait donc lentement mais surement. À un moment, je décide de faire une petite pause sieste sur un banc. Rien de dramatique, juste quelques minutes pour retrouver un peu d’énergie avant d’attaquer la suite. Les portions les plus raides sont celles qui me coûtent le plus d’efforts, mais nous finissons par atteindre Bellevue.
Et là, nous apercevons enfin Chamonix au loin. Cette fois, nous savons que l’objectif est proche. La descente se poursuit ensuite jusqu’aux Houches. Enfin, se poursuit est un grand mot. Personnellement, je continue surtout à avancer par principe. La fatigue n’a pas disparu comme par magie et je sens bien que je ne suis plus aussi dynamique qu’au début de l’aventure. La dernière portion sur route avant les Houches confirme d’ailleurs mon état de forme du moment.
Habituellement, ce type de terrain me permet de courir facilement. Là, je peine à relancer et je me retrouve à avancer à plus de 7 min/km.
À ce stade, j’ai l’impression d’être à la fin d’un ultra. Autrement dit : je suis cuite.
Arrivés aux Houches, nous faisons une dernière pause pour remplir les flasques avant de choisir l’itinéraire le plus direct jusqu’à Chamonix.
La fatigue est désormais bien présente et nous n’avons aucune envie d’ajouter des kilomètres supplémentaires en empruntant les sentiers de l’UTMB ou de la TDS.
C’est également à ce moment-là que je comprends l’une des raisons de mon état. Je n’ai clairement pas assez mangé pendant ces deux jours.
Depuis le départ, quelques petits maux de ventre m’ont poussée à réduire mon alimentation. Sur le moment, cela me semblait être une bonne idée.
Avec le recul, beaucoup moins. Et je suis en train d’en payer l’addition. Alex me rassure rapidement en me rappelant une chose assez évidente : il est parfaitement normal d’être fatiguée après avoir enchaîné deux journées complètes en montagne, près de 100 kilomètres et plus de 5 500 m de dénivelé positif. Lui aussi est fatigué. Finalement, ça me rassure. Et puis oui, c’est normal d’être fatiguée après un week-end pareil.
Nous arrivons finalement à Chamonix aux alentours de 19 h. Notre première destination n’est ni la gare ni l’arrêt de bus. Non. Direction un restaurant. Nous avons une mission bien plus importante à accomplir. Manger ce fameux burger-frites que nous avons raté la veille. Et franchement, après deux jours comme ceux-là, il avait une saveur toute particulière.






Bilan de cette aventure entre Annecy et Chamonix
Avec le recul, cette traversée entre Annecy et Chamonix restera sans aucun doute l’un des plus beaux week-ends de ma préparation pour le Lavaredo.
Bien sûr, l’objectif de départ était d’accumuler du volume, du dénivelé et des heures d’entraînement. Mais la vérité, c’est que ce genre de week-end est aussi une excellente excuse pour partir à l’aventure.
Depuis plusieurs années maintenant, je me rends compte que ce sont probablement ces projets-là que j’apprécie le plus. Choisir un point de départ et un point d’arrivée, tracer un itinéraire sur une carte, préparer un sac et partir découvrir ce qui nous attend derrière la montagne suivante.
J’aime les courses, l’ambiance des départs, les dossards et les objectifs que l’on prépare pendant plusieurs mois. Mais si je suis honnête, même sans course à l’horizon, je continuerais à organiser ce type d’aventures.
Parce qu’au final, ce que je recherche le plus, ce n’est pas forcément la ligne d’arrivée. C’est tout ce qu’il se passe entre les deux. Cette traversée m’a permis de découvrir de nouveaux sentiers à seulement quelques kilomètres de chez moi, d’explorer des endroits totalement inattendus comme le Trou de la Chapelle, de traverser des paysages magnifiques et de partager deux journées en montagne loin du quotidien.
Bien sûr, tout ne s’est pas déroulé parfaitement. Nous avons sous-estimé certains passages, surestimé notre vitesse de progression et pris quelques décisions parfois discutables. Mais ce sont aussi ces petits imprévus qui rendent une aventure mémorable.
Ce qui me marque également, c’est de voir à quel point ma pratique a évolué ces dernières années. Il n’y a pas si longtemps, l’idée d’enchaîner 100 kilomètres et plus de 5 500 m de dénivelé positif sur deux jours m’aurait semblé complètement irréaliste. Aujourd’hui, même si la fatigue était bien présente à l’arrivée, je me suis sentie capable de gérer l’effort du début à la fin sans jamais me mettre dans le rouge.
Parce qu’au final, ce dont je me souviendrai le plus dans quelques années, ce ne sont pas les chiffres affichés sur ma montre. Ce seront plutôt les moments passés à observer le lac d’Annecy une dernière fois depuis les hauteurs, la découverte du Trou de la Chapelle, les longues discussions sur les sentiers, les galères dans les passages encombrés par la végétation, les doutes dans les montées les plus raides et, bien sûr, ce burger-frites qui nous aura poursuivis pendant deux jours.
Récapitulatif de cette traversée Annecy - Chamonix
- Distance totale : 100 km
- Dénivelé positif : 5 800 m D+
- Durée : 2 jours (20h)
- Temps de déplacement : environ 20 h
- Départ : Annecy
- Arrivée : Chamonix
- Hébergement : Airbnb à La Giettaz
- Difficulté : difficile
- Période réalisée : mai 2026
Dernier mot
Comme toujours en montagne, faites attention à vous et à l’environnement qui vous entoure. Ne vous engagez pas sur des sections dangereuses ou sur des itinéraires qui dépassent votre niveau. La montagne sera toujours là demain, alors n’hésitez jamais à faire demi-tour si les conditions ne sont pas bonnes.
Et bien sûr, respectez les lieux que vous traversez : restez sur les sentiers balisés, ne dérangez pas les animaux, prenez soin de la flore et gardez vos déchets avec vous.
On a la chance d’évoluer dans des endroits magnifiques. À nous de les préserver.